Éditorial

(Suite de la première page)


J’aime le dire : Le cœur de la foi chrétienne n’est ni un catalogue de vérités à croire, ni une morale comme on pourrait parfois l’imaginer en entendant parler les chrétiens ou en les voyant vivre. Le cœur de la foi, c’est une personne, une personne vivante : le Christ. C’est un évangile, c’est à dire une Bonne Nouvelle. La Bonne Nouvelle du Christ qui est venu jusqu’à nous, et qui ne cesse de venir jour après jour à notre rencontre pour nous sauver. De quoi ? Du repli sur nous-mêmes. Notre foi est joie, la joie de l’Évangile qui nous révèle comment la personne du Christ nous libère. Benoît XVI, nous dit dans l’encyclique « Dieu est Amour» : « A l’origine du fait d’être chrétien, il n’y a pas une décision éthique (de morale) ou une grande idée, mais la rencontre avec un évènement, une Personne, qui donne à la vie un nouvel horizon et par là son orientation décisive. »

Le pape François explique : « Ceux qui se laissent sauver par le Christ sont libérés du péché, de la tristesse, du vide intérieur, de l’isolement. Avec Jésus, la joie naît et renaît toujours. » Beaucoup de nos contemporains aujourd’hui sont tristes. Il ne s’agit pas, ici, de la tristesse de ceux qui seraient affrontés à de grandes épreuves ou de grandes souffrances. Mais il s’agit de la tristesse de ceux qui ont sombré dans l’individualisme ; de la tristesse qui envahit l’homme replié sur lui-même, sur sa satisfaction immédiate, sur ses plaisirs superficiels. Cet homme est seul. Il a fermé la porte à la vie intérieure. Il n’écoute plus la voix de Dieu. Et du même coup, il  n’entend plus celle de son frère.

A l’inverse, dans la rencontre avec le Christ, nous sommes délivrés de ce repliement sur nous-mêmes. Car le Seigneur nous conduit au-delà de nous-mêmes en nous faisant partager son amour pour les hommes et sa volonté de les faire vivre.

Cette joie du salut, née de la rencontre avec le Christ, ne peut pas être gardée jalousement, secrètement. « Là se trouve la source de l’action évangélisatrice. Parce que, si quelqu’un a accueilli cet amour qui lui redonne le sens de la vie, comment peut-il retenir le désir de le communiquer aux autres ? » Chaque personne qui vit une profonde libération est dans le désir de la faire connaître et de la partager. Elle devient plus sensible aux besoins des autres. Elle grandit dans le désir de leur bien. Puissions-nous vivre et revivre à l’infini cette joie de l’évangélisation.

  

    B.C.