L'installation du grand podium ovale, comportant quatre
marches a fixé à la croisée du transept le
centre du choeur et la place de l'autel. Aménagement
qui ne suit en rien à la belle ordonnance de l'église,
étant donné sa longueur et qui place la liturgie
dans l'endroit le mieux éclairé de l'édifice.
Cet endroit était, en fait, comme préparé
à l'avance, par l'habillage des colonnes en boiserie
sculptée, réalisées au XVIIème siècle.
Habillage, certes de très grande qualité, mais
qui néanmoins alourdit les colonnes en coupant
leur élan.
Dans cet entourage solide, il m'a donc semblé préférable
de décoller l'autel du sol, afin de l'alléger,
ce qui m'a amené à prévoir un coffre
évasé porté par un socle en retrait,
de forme ovale comme celle du podium. Ce mouvement de
l'autel vers le haut pourrait être complété
par une croix suspendue, dorée, aux bras longs
et minces, qui dessinerait un signe sur la grande surface
sombre de l'ancien choeur. L'ambon et le chandelier pascal,
réalisés dans les mêmes matériaux
que l'autel lui font un encadrement nécessaire.
Je dois préciser ce que sont les matériaux.
Le coffre de l'autel est en bois lamellé-collé,
revêtu de plaques de plomb ornées en repoussé
(Les reliefs étant solidifiés au dos par
de la résine synthétique). La totalité
de la surface de plomb est dorée en deux ors différents
: un or naturel pour les sculptures, un or blanc pour
les fonds. Ce dernier étant réchauffé par
un vernis ambré.
Le socle est en hêtre blanc massif, verni au polyuréthane
un peu ocré lui aussi, pour s'apparenter aux boiseries.
On a prévu d'éclaircir le bois des trois
chaises curules plus anciennes afin d'obtenir une certaine
unité, un ensemble harmonieux de tout le mobilier
accordé à l'entourage de chêne clair des
colonnes, sans pour autant que la tonalité soit
uniforme dans tous les éléments rassemblés.
Au sujet de la signification des motifs qui décorent
l'autel, une place est conservée à l'évocation
de la force initiale, soit à Dieu unique et tout
puissant représenté par un cercle, animé
de mouvement. L'autre face montre notre Seigneur Jésus
Christ sous la forme de l'agneau immolé traditionnellement
accompagné de la croix et du livre.
Ce mobilier liturgique vise, par sa matière et sa couleur,
à être un peu lumineux, un peu transparent. La
croix suspendue porterait cette lumière plus haut, en
complément de la signification de l'ensemble. Ce
sera naturellement possible plus tard, après un certain
usage, de reprendre les nuances, les tons et les couleurs
s'il y a lieu.