Histoire

1 - Les origines de l'Église Saint Michel

Aux environs du VIe siècle, les clercs-canoniques de l'abbaye de Saint-Etienne avaient obtenu la faculté d'établir, près de l'église, un nouveau cimetière, le cimetière Est, mais en dehors et tout près de l'enceinte de la ville romaine, le castrum divionense. Peut-être était-elle construite en bois ? Elle était destinée à être une chapelle funéraire, suivant l'usage fréquemment adopté au moyen âge.
La première mention de l'existence de cette église se trouve dans les archives de l'abbaye de Saint-Etienne (année 889), dont elle dépendra directement à partir de 1098. Parce qu'elle est incluse dans le cimetière, elle est dédiée à Saint Michel qui, selon la tradition chrétienne, est à l'heure de la mort, celui qui conduit l'âme auprès de Dieu.

 

2 - Au début du Moyen Age

Transformée en basilique, elle devint plus tard église paroissiale. Au début du XIe siècle, l'église est trop petite pour accueillir les fidèles. L'abbé de Saint-Etienne, Garnier de Mailly, décide de la remplacer par une église plus vaste, de style roman, qui est consacrée en 1020 par l'évêque de Langres, Lambert, dont dépend Dijon. Mais, à la fin du XVe siècle, cette église menaçait ruine, dit-on.


3 - Au XVe siècle

A la fin du XVe siècle, cette basilique délabrée ne suffit plus aux besoins d'une paroisse dont la population, attachée aux pratiques du culte, a augmenté fortement. L'opinion publique réclame une nouvelle église. Les paroissiens, encouragés par l'abbé de Saint-Etienne, Antoine Chambellan, résolurent de reconstruire leur église. A cette époque, sous Charles VIII, les paroissiens étaient associés directement à l'administration temporelle de leur paroisse. Les fidèles furent convoqués au cimetière entourant l'église, le 17 juillet 1497, pour décider si oui ou non on entreprendrait la construction d'une nouvelle église, et si chacun était disposé à s'imposer les sacrifices pécuniaires indispensables pour mener à bien cette entreprise. Ce jour-là fut décidée, par la consultation de l'ensemble des fidèles, la construction de l'église actuelle ; l'histoire n'a pas retenu, semble-t-il, les résultats détaillés de la consultation. Ils décidèrent de cotiser au prorata de leur fortune respective et s'engagèrent à verser chaque semaine leur cotisation entre les mains d'Henri Chambellan, père de l'abbé de Saint-Etienne, et désigné comme trésorier.
Le 6 août 1499, le maire Jean Aignault accordait toutes les autorisations. Les travaux pouvaient commencer sous la conduite d'un maître d'oeuvre local nommé Louis Gilbert. Henry Chambellan, général des monnaies et maître des comptes en Bourgogne, centralisa les souscriptions ; comme il contribua également au financement de l'église, ses armes furent sculptées au-dessus des portes latérales de l'église.

La façade constitue un ensemble spectaculaire et intéressant, unique en son genre, par le mélange harmonieux de gothique et de Renaissance, résultat de l'époque où fut érigée l'Église. La coexistence des deux types architecturaux s'explique par l'orientation que prend l'art architectural en Bourgogne au XVIe siècle sous l'influence de l'Italie et du retour aux formes antiques. Le passage de l'art gothique à l'art italianisant se retrouve dans l'Église Saint-Michel : la nef est gothique, mais la façade illustre l'art de la Renaissance.